VIVRE SUR MARS, UNE UTOPIE ?

Mis à jour : 23 déc. 2020

L’Homme ne pourra peut-être bien jamais vivre sur Mars.

La planète Mars est aujourd’hui au cœur de nombreux projets de programmes spatiaux et certains rêvent de coloniser cette planète. Cette étape qui ferait de l’Homme une espèce multi-planétaire est l’objectif d’Elon Musk, le patron de l’entreprise SpaceX. Mais avant d’en arriver là et pour bien comprendre les difficultés que cela implique, il convient avant tout de bien maîtriser les différences entre Mars et la planète Terre, où l’humanité s’est développée.

Une planète pas si proche

Dans le système solaire, Mars et la Terre sont des planètes voisines, la Terre étant la troisième en partant du soleil et Mars la quatrième. Cependant une distance de 56 millions de kilomètres les sépare, et ce, quand elles sont au plus proche. Mais dans les faits, ces deux planètes étant en mouvement autour du soleil, chacune sur un plan différent et donc à des vitesses différentes, cette distance qui les sépare n’est jamais la même. A titre de comparaison, la Lune est à presque 400 000 kilomètres de la Terre. Donc Mars est au mieux 140 fois plus loin que la Lune et cette configuration idéale n’arrive qu’une fois tous les 26 mois. Le reste du temps, la planète rouge est beaucoup plus loin. Ce qui veut dire aussi que pour limiter le temps de voyage pour s’y rendre, nous n’envoyons des sondes ou fusées vers Mars tous les 26 mois lors d’une fenêtre de tir de quelques semaines. La prochaine étant cet été, où les États-Unis, la Chine et les Émirats Arabes unis enverront chacun une fusée vers notre voisine pour un voyage de 8 mois. (Alors imaginez plusieurs astronautes huit mois confinés dans un très petit espace, ça ne doit pas être de tout repos)


Proches mais très différentes

Intéressons-nous maintenant à un problème de taille. Le diamètre de Mars est d’environ 6800 kilomètres seulement et est presque deux fois inférieur à celui de la Terre. Son volume ne représente alors que 15% de celui de la Terre et on pourrait d’ailleurs faire tenir 6,5 fois Mars dans la planète Terre. Mars n’est pas seulement plus petite que la Terre, elle est également moins dense. Ainsi, même si elle représente 15% du volume de la Terre, elle correspond à seulement 11% de la masse de cette dernière. Cette différence a toute son importance car c’est la masse de tout objet qui va définir sa force de gravité. Ainsi la gravité sur Mars est beaucoup plus faible que sur la notre planète, et elle représente à sa surface seulement 38% de celle de la Terre. Par conséquent, un humain ou un objet qui pèserait 100kg sur la Terre n’en pèserait plus que 38 sur Mars, c’est clairement plus efficace qu’un régime. Mais une telle différence de gravité mettra bien évidemment à mal tout humain qui espérons-le, y posera un jour les pieds. Mais ça n’est bien sûr pas le seul souci qu’il rencontrera.


Un changement d’air, littéralement

Ça n’est pas une surprise, il n’y a pas d’air respirable pour l’Homme sur Mars. Il est en effet composé à 95% de gaz carbonique ou dioxyde de carbone, ce qui est énorme par rapport à la Terre où il y en a moins d’1%. Le reste est un mélange d’autres gaz dont l’azote, 3% à comparer aux 78% sur Terre, et l’oxygène, 0,13% contre 21% sur Terre. Autant dire qu’il vaut mieux garder son casque une fois sur place si on ne veut pas suffoquer. Également, l’atmosphère martienne est très fine et peu dense. La pression atmosphérique à sa surface est 100 fois moins grande que sur Terre et cela a des conséquences importantes. Par exemple, une atmosphère moins épaisse, c’est moins de protection contre les radiations solaires et quasiment aucune protection contre les météorites ou tout autres objets venant à venir percuter le sol martien. Sur Terre, leur vitesse d’entrée dans notre atmosphère, relativement épaisse, fait que celles-ci pour la plupart se consument avant de toucher le sol. Mais ce n’est pas le cas pour Mars qui est fréquemment frappée par des météorites. Tout projet de base sur cette planète devra donc pouvoir résister ou éviter de tels impacts.


L’eau c’est important

Une très fine atmosphère c’est également des températures plus basses. Il n’y a quasiment aucun effet de serre sur Mars et toute la chaleur alors accumulée se dissipe très facilement et rapidement. En conséquence, il fait très froid sur Mars. La température qui y règne est en moyenne de -55°C et peut descendre jusqu’à -140°C la nuit. Avec un climat aussi glacial, il est inutile d’espérer une quelconque présence d’eau liquide à sa surface. On estime que la quasi-totalité de l’eau présente sur Mars y est sous forme de glace et principalement au niveau des pôles. De plus, avec une pression aussi faible, la température requise pour changer l’état de l’eau qu’elle soit sous forme solide, liquide, ou gazeuse fait que cette glace martienne va aussi s’évaporer sans passer par l’état liquide. C’est ce qu’on appelle la sublimation, et c’est l’une des raisons pour lesquelles il n’y a plus de grandes étendues d’eau liquide sur Mars aujourd’hui, alors que ce fut très probablement le cas il y a des milliards d’années, celles-ci s’étant évaporées et dispersées dans l’espace.

Est-il possible de coloniser Mars ?

Nous sommes face à pas mal de problématiques basiques qu’il faut pouvoir résoudre avant d’espérer pouvoir un jour coloniser la planète Mars, à savoir : Le temps de trajet très important, l’air irrespirable de la planète, la très faible pression atmosphérique, les chutes de météorites, le froid glacial, l’absence d’eau liquide et enfin ce qui est peut-être d’ailleurs l’un des plus gros problèmes aujourd’hui : l’absence de protection naturelle contre les radiations et le rayonnement solaire. A l’inverse, l’un des rares points communs entre la Terre et Mars qui ne devrait pas trop perturber les potentiels futurs colonisateurs, c’est la durée d’une journée que l’on appelle sur Mars un « sol ». En effet un sol sur Mars dure 24 heures et 37 minutes, très similaire à la Terre donc, mais c’est un bien maigre avantage comparé aux problèmes cités précédemment.

Vous l’aurez compris, la colonisation d’une planète telle que Mars, même si elle n’est pas impossible et sera sans doute mise en œuvre lorsque nos technologies auront évolué, n’est cependant pas encore pour demain.

Edouard

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