La prise du Capitole, révélatrice des fractures de la démocratie américaine

Ces derniers jours, nous avons reçu par des partisans de l’actuel président Donald Trump des photos et vidéos d’une prise du Capitole aux États-Unis.

La raison : Trump et ses électeurs considèrent que l’élection est erronée voire truquée…


Il faut dire qu'il y a de nombreuses suspicions d’irrégularités ou même des constats d’irrégularités dans cette élection américaine. Certaines ont été démenties, certaines ont été justifiées par des erreur techniques. Comme ce glitch donnant les votes au mauvais candidat :

Et donc Trump a demandé l’arrêt du compte des voix, le temps de mener une enquête pour résoudre le problème. Il en vient même à lancer des accusations de fraude. L’irrégularité est un problème causé en interne soit par un individu soit par une machine, on parle de fraude quand l’irrégularité est voulue par un des candidats.








Ce qu’il faudrait, c’est laisser la justice mener son enquête et attendre son résultat. C’est le principe de la justice qui va amener des preuves pour ou contre, et qui va démentir ou non ces suspicions de fraude.


Dans les journaux du monde entier, on montre le refus d’accepter la défaite de la part de Donald Trump :

article Le Monde

Mais on peut comprendre ce refus. Si jamais on suspecte des irrégularités ou pire, des fraudes, on peut, et doit arrêter les votes pour laisser une enquête se mener. Et si jamais un camp refuse l’enquête, c’est qu’il a des choses à cacher.





À cela, on pourrait répondre qu’un Homme seul ne peut innocenter ou accuser quelqu’un, il faut que l’enquête trouve les preuves. On aurait réellement remarqué des irrégularités comme cet article tend à le démontrer :





Mais finalement ce résultat inhabituel était le fruit d’une erreur humaine et a été rectifié : les 153 710 votes en faveur de Joe Biden ont été ramenés à 15 371 bulletins, ce qui n'a pas empêché le candidat démocrate de remporter l’Etat où cette prétendue fraude avait été remarquée.


C’est pourquoi on doit laisser faire la justice, et si on ne le fait pas, c’est la preuve d’un échec de notre système. C’est mal parti pourtant. Les institutions ont perdu la confiance du peuple, plus personne ne fait confiance aux médias et de nombreux américains ont une haine envers ceux-ci. C’est d’ailleurs ce qui a constitué la base électorale de Trump ce qui a mené à son élection, et on ne peut pas leur en vouloir quand on voit le traitement médiatique réservé à Donald Trump.












Et en plus de ce manque de confiance accordée aux médias, s’ajoute un manque de confiance en l’honnêteté des élections présidentielles. Bientôt les gens ne feront plus confiance en rien, si jamais la justice tire telle ou telle conclusion, les deux camps iront accuser l’adversaire d’avoir payé des pots de vins pour arriver à ses fins.

Voici un échec des démocraties. Le peuple n’a plus confiance, on lui a trop menti, que ce soient les hommes politiques ou les médias. Il est possible que les démocraties actuelles prennent deux voies différentes. Soit elles vont disparaître pour laisser place à quelques chose de mieux, avec moins de corruption, ce qui est très difficile. Soit ces démocraties vont devenir autoritaires pour renforcer leur autorité.


Un second point qui est intéressant dans ces élections, c’est le profil des votants de Trump.


On voit qu’il a perdu des points chez les hommes blancs, ce qui constitue sa grosse base électorale, et qu’il a gagné des points chez les Noirs et les Hispaniques même si cela ne reste pas grand-chose quand on voit le total.

Cela s’explique par une économie qui marchait jusqu’à l’arrivée du Covid-19 et qui a permis à des populations au chômage de trouver un travail plus facilement

Mais le plus intéressant c’est de comprendre pourquoi il a perdu des points dans ce qui constituait sa base électorale. Cette perte peut expliquer sa défaite électorale, si jamais le problème des fraudes et irrégularités est résolu. Ces gens-là sont sortis en 2016 de l’abstention pour une espèce d’externe de la politique qui avait des promesses qu’il n’a pas tenues : il avait dit qu’il allait assécher le marais ; il ne l’a pas fait. Il avait dit qu’il allait mettre « Crooked Hillary » en prison, il ne l’a pas fait. Il avait dit qu’il allait responsabiliser les réseaux sociaux pour qu’ils commencent à respecter la liberté d’expression, il ne l’a pas fait. D’ailleurs il en paye les frais aujourd’hui ; chacun de ses tweet a été remis en cause jusqu’au bannissement définitif du compte de Donald Trump de la plateforme Twitter. Il a dit qu’il allait construire le mur, il ne l’a pas fait. De plus son bilan en immigration, clandestine ou non, est moins bon que celui de Obama. Il n’a donc plus de légitimité. Certaines personnes diront qu’il aurait eu besoin d’un mandat de plus mais ce serait facile à dire.


En conclusion, on peut dire que Trump a perdu car il n’a pas mis en œuvre certains des points de son programme très attendus. Beaucoup de gens voyaient en lui un candidat qui aurait tenu ses promesses, malheureusement ces mêmes personnes n’ont plus voté pour lui en 2020 car elles ont été déçues par son bilan. Les seules personnes qui croyaient encore en Trump étaient persuadées que des irrégularités et même des fraudes avaient eu lieu dans cette élection américaine. La justice a tranché il n’y a pas longtemps ; il n’y aurait pas eu de fraudes assez conséquentes pour changer le résultat de l’élection. Mais du coup, cela soulève une question : peut-on, doit on punir une fraude si jamais elle n’est pas déterminante dans une élection ?


Antoine


Photo de couverture : Jose Luis Magana Copyright 2021

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