• Eliott

La non-binarité : un sujet tabou en France

La non-binarité est une catégorie de genre. En France, les non-binaires ne sont pas reconnu.e.s. Quelle est cette catégorie de genre et pourquoi l'Etat se comporte comme si iels n'existaient pas.


Non-binaire, qu'est ce que c'est? Selon l’encyclopédie universelle en ligne Wikipédia la non-binarité c'est :


« Un concept utilisé en sciences sociales pour désigner la catégorisation des personnes, dites non-binaires ou genderqueer, dont l'identité de genre ne s'inscrit pas dans la norme binaire, c'est-à-dire qui ne se ressentent ni homme, ni femme, mais entre les deux, un « mélange » des deux, ou aucun des deux. »


Cette définition est-elle LGBTphobe ?

Pour répondre à cette question, je me suis appuyée sur l'avis de personnes non-binaires et également sur l'avis de personnes cisgenres (personnes en accord avec le genre qui leurs a été assigné à la naissance).

Toutes les personnes cisgenres ont répondu la même chose « non, je pense que cette définition est correcte et qu'elle définit correctement la non-binarité.»

Du côté des personnes non-binaires les avis sont assez mitigés, certain.e.s pensent comme les personnes cisgenres, que cette définition définit bien la non-binarité. Et pour d'autres, elle n'est pas correcte, parce qu'en disant « un mélange des deux ou aucun des deux » ça exclut de nombreux genres faisant partie de la non-binarité.


Cette définition ne convient pas, même si on peut en tirer du positif.


Comment rectifier cette définition?

Premièrement la non-binarité n'est pas un concept mais une catégorie de genre. Effectivement c'est ne pas se sentir dans la norme binaire. On a tendance à représenter la binarité par une ligne qui va de homme à femme et que les personnes faisant partie de la catégorie non-binaire sont hors de cette ligne. On ne se sent ni homme ni femme.


Une définition correcte du genre « non-binaire » serait :

Un terme regroupant de nombreux genres tels que gender-fluide, agenre, intergenre […] se trouvant hors de la binarité.


Le sujet de la non-binarité dans la société française ne peut cesser d'être un sujet d'actualité car l’État Français s'oppose entièrement à une évolution, même minime pour cette cause. Il passe par une solution de facilité pour ne pas mettre les pieds sur un terrain glissant, ne pas en parler.


L’État mesure-t-il à quel point il participe à la LGBTphobie banalisée et à la dysphorie de genre constante pour les personnes transgenres ?


Le premier point primordial à aborder sur la trans-identité dans la société est

l'éducation.


L'éducation doit être faite par les parents mais pas seulement !

« L’Éducation Nationale » : oui une partie de l'éducation se fait à la maison mais si elle ne se faisait que là-bas, alors pourquoi appeler l'enseignement scolaire

« éducation nationale ».

Est-il si compliqué d'expliquer aussi simplement la non-binarité à des enfants de maternelle que le célèbre « il y a des filles et des garçons » que l'on entend à longueur de journée à l'école?


La dysphorie de genre commence à partir de la plus tendre enfance, il me semble que tout serait plus facile si on expliquait à un enfant qu'il a le droit de ne pas être né dans le bon corps ou dans le bon genre et que ce n'est pas grave. On devrait aussi lui expliquer qu'il y a des pronoms qui lui correspondent s'il ne se sent pas fille ou pas garçon. Au lieu de la/le laisser grandir, devenir un adolescent de 15 ans et découvrir seul sur Internet qui il est et ce qu'est la non-binarité.


Lorsque l'on étudie nos premières leçons de français, pourquoi n'exposons-nous donc pas l’écriture neutre au tout début?

Un post sur Instagram expliquant extrêmement bien l'écriture neutre :


C'est également important que des choses simples soient mise en place, par exemple en distribuant à la rentrée des papiers avec des informations sur l'élève mais également quels sont ses pronoms, son dead name (nom mort = nom donné à la naissance ne correspondant pas au genre de la personne, lui provocant donc de la dysphorie) et son new name (nom choisi en accord avec son genre) si celle/celui-ci en a un.


Quelle(s) raison(s) valable(s) l’État peut-il apporter à la non existence administrative des non-binaires ?


Pour accepter d'avoir une case « autre » sur les documents administratifs lorsque la question du genre apparaît, il y a encore du chemin à parcourir.

Premièrement, il s'agirait de reconnaître officiellement qu'il y a bien plus de deux genres. Pour pouvoir changer d'état civil sur les documents administratifs, les personnes transgenres ont déjà beaucoup de mal et cela prend un temps fou. Imaginez-vous alors pour une personne non-binaire tout simplement pour ne plus avoir son dead name et avoir la case « autre » cochée, à côté de celle-ci une précision sur son genre dans la catégorie non-binaire, avec le pronom iel sur sa carte d'identité.

La seule excuse valable selon les personnes non-binaires, que l'on peut accepter est « c'est long de refaire tous les papiers administratifs et c'est mauvais pour l’écologie ».

La solution à cela serait tout simplement d’écouler les stocks restant et d'en créer de nouveaux avec quelques modifications.


Et si ce n'était qu'une phase de l'adolescence ?

Nous avons ici le témoignage de Nöe qui nous raconte comment iel a découvert sa non-binarité et à quel âge :

« J'ai compris aux alentours de 5 ans que je n'étais pas un garçon et que je n'en n'avais jamais été un, je n'ai évidemment pas tout de suite trouvé les mots pour décrire ma trans-identité mais je n'était pas un garçon, je l'ai compris d'une façon stupide en me rendant compte que je n'aimais pas les choses dites « pour les garçons », je n'aimais pas aller dans les magasins pour m'acheter des vêtements parce que l'idée de m'habiller avec les vêtements que mes parents m'achetaient me rendaient malade. J'ai toujours eu une allure très androgyne, on me genré souvent au féminin, ce qui ne me dérangeais pas, au contraire, j'aimais qu'on m’appelle mademoiselle et je ne le corrigeais jamais. […] Un jour j'ai découvert le terme non-binaire et cela m'a fait comme un électrochoc, c'est ça depuis le

début : je suis non-binaire. »

"Un jour j'ai découvert le terme non-binaire et cela m'a fait comme un électrochoc, c'est ça depuis le début : je suis non-binaire."

On découvre dans ce témoignage que la non-binarité est un genre comme les autres, qui se découvre très tôt. On comprend également que la dysphorie de genre commence jeune avec les questions d’apparence et qu'il est totalement absurde d'appeler cela une mode ou une phase.


Je pense qu'il est temps que des changements considérables dans notre société française arrivent. Nous sommes en 2020 et il y a encore tant d’inégalités entre les personnes transgenres et cisgenres. Des petits changements au fur et à mesure du temps redonneraient l'envie de croire à l’évolution des mentalités pour la communauté LGBTQIA+. J'attends leurs arrivée avec l'espoir d'avoir de plus en plus de textes, films, chansons etc... dénonçant toutes les discriminations et de potentielles rencontres entre des militant.e.s et des représentants de l’État. Faisons ensemble, avec l'État, changer les choses et donnons un nouveau souffle à l'ère prochaine, les non-binaires ont besoin de se sentir existants dans la société française.


Eliott


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