NIKI ET SES NANAS : une artiste révoltée

Mis à jour : avr. 16

De sa peinture à la carabine à son jardin des tarots, nous pouvons affirmer que Niki de Saint Phalle était une artiste révoltée, féministe et militante. Inspirée par Antoni Gaudi, Jackson Pollock ou encore le Facteur Cheval, elle a à son tour inspiré de nombreux artistes.

Niki de Saint Phalle au milieu de ses Nanas à la galerie Alexandre Iolas

Niki de Saint Phalle, artiste franco-américaine appartient au groupe des nouveaux réalistes, elle a marqué les esprits par son engagement et sa provocation. D’abord mannequin, Niki de Saint Phalle démarre ensuite dans le milieu artistique après une dépression, sans jamais avoir fait d’études d’art. Plusieurs périodes de sa vie laissent leur empreinte sur ses œuvres. En effet, Niki de Saint Phalle a été marquée par la vie. L’année de ses 11 ans, elle est violée par son père. Un événement pareil ne s’efface jamais mais elle cherchera dans l’art une thérapie.


En 1960, elle commence le tir à la carabine. Elle tire sur une planche composée de morceaux de plâtres et de poches remplies d’encres mais aussi d’œufs, de shampoing et tout autres liquides farfelus. L’explosion de toutes ces poches forment une œuvre. Cette technique d’art d’une extrême violence lui permettra d’apaiser ses souffrances. « J’ai eu la chance de rencontrer l’art parce que j’avais, sur le plan psychique, tout ce qu’il faut pour devenir terroriste. Au lieu de cela, j’ai utilisé le fusil pour la bonne cause, celle de l’art », justifiait l’artiste au début de sa carrière.

"Peindre calmait le chaos qui agitait mon âme"

Les Nanas

Puis en 1964, Niki de Saint Phalle commence à réaliser les fameuses Nanas. Avec ses grosses dames de résine et de papiers collés colorés, elle dénonce l’archétype de la femme modèle : filiforme. Ces sculptures sont des femmes rondes toujours très colorées et souvent en mouvement. Avec leurs grosses fesses et leur grosse poitrine ce sont des femmes indépendantes et pleines de vie. Elle sont « libérées du mariage et du masochisme » expliquait la sculptrice. Elle ira encore plus loin en 1966 avec sa nana géante (Hon) de 28 mètres de long dont elle disait : "C’est une cathédrale. C’est la plus belle et la plus grande femme du monde et aussi la plus grande putain du monde." Elle faisait partie de ses nanas-maison, on pouvait rentrer dedans par le vagin. À l’intérieur ce cette sorte de temple se cachait une exposition. Niki de Saint Phalle lutte avec ce « nanas power » contre une société patriarcale où l’homme détient le pouvoir.

Sculptures "Nanas" en Allemagne ©️Creative Commons

Également révoltée par les violences faites aux noirs, elle exprime dans l’œuvre

« My heart belongs to black Rosy » ces discriminations. Cette nana noire vêtue d’une jupe à cœur et un débardeur à motifs fait référence au refus de Rosa Parks de céder sa place à un blanc dans le bus. Les larges épaules de cette nana représente sa force et son courage. Cette œuvre mixe le combat féministe de l’artiste et sa lutte contre ces discriminations.


Il serait impossible de parler de tous les combats que Niki de Saint Phalle a menés car elle a réalisé tant d’autres œuvres qui expriment toutes de forts sentiments. Sa façon de retranscrire ses émotions et sa vie dans son art est impressionnante.


Zoé

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